Surfons Tranquille: Ne devenez pas co-auteur d’activités illégales !

Europol vous met en garde au sujet d’un phénomène interpellant : les « mules ». L’idée étant de faire transiter par votre compte bancaire de l'argent issu d’activités illégales. Prudence car aux yeux de la loi, vous seriez considéré comme co-auteur ou complice de cette activité de blanchiment. Explications.

L'Office européen de police (Europol) vous appelle à la prudence. Si vous êtes contacté pour « prêter » votre compte bancaire, méfiez-vous ! « Entre septembre et novembre 2019, une action a été menée dans 30 pays européens et elle a permis d’identifier 3 833 mules, le surnom que l’on donne aux personnes tombées dans le piège », prévient Olivier Bogaert, de la Federal Computer Crime Unit.

La méthode est utilisée par les criminels pour récupérer de l’argent lié à leurs activités. Ceux-ci n’hésitent pas à utiliser la corde sensible. Prenons l’exemple d’un nouvel « ami » qui vient de vous ajouter sur un réseau social. Celui-ci vous explique travailler dans une structure en Suisse qui vient en aide à des personnes pauvres. Grâce aux dons, son association peut leur offrir des soins médicaux. Il vous explique que plusieurs personnes souhaiteraient participer depuis la Belgique mais que la création d’une structure chez nous réclamerait des frais importants. « Il vous demande alors si vous seriez d’accord d’ouvrir un compte bancaire qui pourrait être communiqué aux donateurs belges. Et, une fois les sommes reçues, vous pourriez faire un virement sur le compte de l’association en Suisse. Convaincu par ses explications et aussi, parce que ce projet vous touche, vous acceptez », détaille le commissaire de la Computer Crime Unit de la Police Fédérale.

Considéré comme co-auteur

Une autre technique peut consister à jouer la carte de la relation amoureuse. Rappelant qu’elle vit en dehors de la zone euro, une personne récemment rencontrée sur Internet peut vous demander de transférer différentes sommes d’argent… « Il y a bien sûr d’autres scénarios possibles mais l’objectif, c’est de donner accès à votre compte bancaire pour faire transiter des fonds criminels et permettre ainsi le blanchiment d’argent lié à leurs activités », analyse Olivier Bogaert.

Avec un point noir majeur. « Le souci pour la personne qui se fait piéger, c’est qu’au regard de la loi, elle sera identifiée en premier et considérée comme co-auteur ou complice de cette activité de blanchiment et pourra donc être poursuivie en justice. » Redoublez donc de prudence si l’on vous invite à rendre ce type de services.