Sécurité : Le couloir pour les services de secours

Vous en avez en principe déjà entendu parler, mais le 1er octobre prochain, notre Code de la route instaure l’obligation, en cas d’embouteillage, de former une voie de secours d’urgence par sens de circulation sur toutes les routes à deux bandes ou plus.

Concrètement, les véhicules sur la bande la plus à gauche devront serrer le plus à gauche possible, et ceux de la bande voisine devront serrer le plus à droite possible. Il va ainsi se créer un couloir dans lequel les services de secours pourront plus facilement progresser.

Pour info, ce système est déjà obligatoire dans d’autres pays, comme au Luxembourg, en Allemagne ou en Suisse, où il fonctionne très bien. Pensez-y quand vous voyagez, et imitez ce que font les conducteurs locaux en cas de bouchon, pour éviter de vous faire remarquer en mal.

Soulignons que ce système n’est pas limité aux autoroutes et grandes nationales. Par exemple, un bouchon sur la petite ceinture à Bruxelles nécessitera également de créer ce couloir, puisque la petite ceinture comporte au moins deux bandes de circulation.

Il faudra aussi veiller à créer d’office cet espace, dès qu’un bouchon se forme, sans attendre qu’un véhicule de secours ne se fasse entendre. C’est donc une obligation permanente dès ce 1er octobre !

Mais quid alors de la bande d’arrêt d’urgence ? Elle peut toujours bien entendu être utilisée par les services de secours, mais pour différentes raisons, les services d’urgence souhaitent aussi disposer de cette autre option qui est de passer entre les files. Quelles raisons ? La bande d’arrêt d’urgence est régulièrement encombrée par des véhicules en panne ou accidentés, elle recueille aussi les débris chassés des voies de circulation, et de plus en plus, elle a souvent tendance à être supprimée ou rétrécie au profit de l’ajout d’une bande de circulation supplémentaire ou d’une bande spéciale pour l’heure de pointe (E40 de BXL vers Leuven par exemple).

Signalons enfin que le couloir de sécurité est aussi intéressant pour les motocyclistes, car il s’installe là où les motards ont justement l’autorisation de se faufiler en cas de files. On a encore aujourd’hui certains automobilistes qui se font prier pour laisser passer les motards dans les files, mais ils n’auront désormais plus aucune excuse au fait de fermer la porte aux 2 roues motrices.

Rappelons par ailleurs aux motards qui remontent les files qu’ils sont censés le faire à vitesse très modérée, c’est-à-dire à maximum 20 km/h plus vite que les automobilistes, et que ce n’est pas leur rôle de jouer aux policiers en cas de non-respect de la règle.

 

Commissaire Olivier Quisquater
Police de la Route