Résultats du Moniteur de sécurité 2021

BRUXELLES, 29/12/2022. - Les résultats du Moniteur de sécurité 2021 sont connus ! L'an dernier, presque 100 000 Belges ont répondu à un vaste questionnaire sur les problèmes de quartier, le sentiment de sécurité/d'insécurité, la victimisation, la propension à porter plainte et le fonctionnement policier. En voici à présent les différentes conclusions. Lorsque cela était possible, nous avons également fourni une interprétation des résultats.

Moniteur de Sécurité 2022
Moniteur de Sécurité 2022

 

Le Moniteur de sécurité, dont c'est déjà la dixième édition, est une enquête à grande échelle menée auprès de la population. La précédente édition remonte à 2018. Cette fois, les participants, âgés de 15 ans et plus étaient pratiquement au nombre de 100 000. Étant donné que 400 000 Belges ont reçu un questionnaire, le taux de réponse est donc de 25 %.

Le Moniteur de sécurité 2021 est une initiative de la Police Fédérale, menée en collaboration avec la Police Locale, le SPF Intérieur et les autorités locales. Cet instrument fournit des informations indispensables en vue de l'élaboration et de l'évaluation d'une politique de sécurité reposant sur une large assise. Comprendre le ressenti de la population est essentiel et diffère, par exemple, du simple enregistrement de faits criminels.  

Nous tenons expressément à remercier l'ensemble des citoyens ayant collaboré à ce Moniteur de sécurité en remplissant le questionnaire. Ces personnes ont contribué à donner forme à la politique de sécurité dans leur commune, province ou région, ainsi que dans tout le pays.

Tout comme en 2018, la présente édition du Moniteur de sécurité comporte quatre grands thèmes.

 

1.    Problèmes de quartier

Quels sont les principaux problèmes auxquels les Belges sont confrontés dans leur quartier ? Le Moniteur de sécurité jauge la perception des habitants et révèle les dix problèmes les plus souvent cités. 

Moniteur de sécurité 2021 - Problèmes de quartier

 

De façon surprenante, le top six est dominé par les problèmes de circulation. La vitesse inadaptée arrive, et de loin, en première position. Aux troisième, quatrième, cinquième et sixième places, on trouve respectivement le comportement agressif au volant, le stationnement gênant, les nuisances sonores dues à la circulation et celles liées au transport lourd.

Le seul problème du top six qui n'est pas lié au trafic concerne les dépôts clandestins et les détritus sur la voie publique, cette thématique occupe en effet la deuxième position du classement.

À la suite de ce top six, on retrouve différentes formes de vol considérées comme problématiques : les cambriolages dans les habitations (7e place), les vols de vélos et de trottinettes (9e place) et les vols dans des véhicules ou les dégradations de véhicules (10e place). Par rapport à l'édition 2018 du questionnaire, ce type de criminalité est généralement considéré comme moins problématique. Il s'agit là vraisemblablement d'un effet secondaire des mesures liées au Covid-19, car les statistiques de criminalité indiquent elles aussi une diminution nette du nombre de cambriolages et de vols durant la crise sanitaire.

Lien vers les statistiques de criminalité 2021

Enfin, à la huitième place du classement des principaux problèmes de quartier, on pointe les nuisances sonores causées par les voisins.



2.    Sentiment de sécurité/d'insécurité

De manière générale, à quel point les Belges se sentent-ils en sécurité ? Et dans quelle mesure évitons-nous les situations « d'insécurité » ?  

Moniteur de Sécurité 2022 - Sentiment d'insécurité

 

Le Moniteur de sécurité 2021 indique que 62 % des Belges se sentent toujours ou presque toujours en sécurité, tandis que 29 % ont parfois un sentiment d'insécurité et 9 % se sentent souvent ou toujours en insécurité. Ce sentiment d'être souvent ou toujours en insécurité se retrouve chez 14 % des répondants dans la tranche d'âge la plus jeune (15-24 ans) et dans la catégorie des chômeurs et des demandeurs d'emploi. En particulier, les personnes qui ont été victimes ne se sentent pas en sécurité. Cela est particulièrement vrai pour les victimes d'actes violents mais pas pour les victimes de cybercriminalité.

Par rapport à 2018, le sentiment de sécurité a diminué. À cet égard, 2018 fut une année historiquement positive, car à peine 6 % des répondants affirmaient alors se sentir souvent ou toujours en insécurité. Il est possible que les mesures de sécurité renforcées dans le contexte de la menace terroriste aient joué un rôle à cet égard.

Le Moniteur de sécurité cherche également à cerner le sentiment d'évitement. Ainsi, en 2021, 39 % des répondants affirment généralement ne pas ouvrir à des inconnus, 19 % évitent de quitter leur domicile une fois la nuit tombée et 13 % évitent de fréquenter certains lieux dans leur commune.



3.    Victimisation et propension à porter plainte

Le Moniteur de sécurité demande aux personnes sondées si elles ont été victimes au moins une fois d'un fait criminel en particulier au cours des 12 derniers mois et, le cas échéant, si elles ont porté plainte à ce sujet. Cet aspect est important pour obtenir une image réelle de la criminalité, indépendamment du nombre de faits enregistrés. Il permet de mieux comprendre ce que l'on appelle le « chiffre noir ».  

Progression constante du « phishing » et d’autres formes de criminalité informatique

Moniteur de Sécurité 2022 - Victimisation

 

Il ressort du Moniteur de sécurité 2021 que la criminalité informatique est la plus fréquente.

Ainsi, 40,1 % des répondants disent avoir été victimes de phishing au moins une fois au cours des 12 derniers mois ; 33,3 % disent avoir été victimes d'escroqueries sur Internet au moins une fois et 8,3 % de piratage informatique. Il peut s'agir aussi bien de tentatives que de faits ayant effectivement permis à des criminels de subtiliser des données ou des informations bancaires et/ou de voler de l'argent.

Ces chiffres montrent à quel point la criminalité informatique est répandue de nos jours et combien il est important de continuer à investir dans la prévention et la sécurité des systèmes informatiques.

Le phishing, les escroqueries sur Internet et le piratage informatique font partie de la catégorie des faits criminels les moins signalés. Parmi tous les Belges ayant déclaré avoir été victimes d'escroqueries sur Internet au cours de l'année écoulée, seulement 10,1 % ont porté plainte. Plus précisément, il s’agit de 6,6 % pour le phishing et de 9,5 % pour le piratage informatique.  Il est important de veiller à ce que les victimes soient encouragées à porter plainte, par exemple en développant davantage le module des déclarations non urgentes sur Police-On-Web et en les incitant à utiliser cette plateforme. 

Cartographie plus précise des violences psychiques, physiques et sexuelles  

Cette édition du Moniteur de sécurité met encore plus l'accent sur la criminalité liée aux personnes, notamment sur la violence psychique, physique et sexuelle ainsi que sur la violence intrafamiliale.

Moniteur de Sécurité 2022 - Formes de violence

 

Parmi les différentes formes de violence, la violence psychique est la plus fréquente. Les actes de violence psychique ont été commis aussi bien en dehors de la famille (9,5 %) qu’au sein de celle-ci (2,9 %), et se produisent également via Internet (4,2 %). Les pourcentages se rapportent chacun aux 12 mois précédant le sondage et peuvent se chevaucher : par exemple, les personnes peuvent être victimes de violences psychiques aussi bien au sein de la famille qu’en dehors de celle-ci. Environ un fait sur cinq a fait l’objet d’un signalement à la police.  

Quant à la violence physique, 3,4 % des Belges disent avoir été victimes de faits commis en dehors de la famille au cours des 12 derniers mois, et 1,3 % d’actes de  violence physique commis au sein de la famille. Dans un cas sur trois, la victime a signalé les faits. Cette proportion est inférieure à celle de 2018. Près de la moitié des victimes de violences physiques avaient alors signalé les faits (sans distinction des faits commis au sein ou en dehors du contexte familial). La crise du Covid-19 a probablement engendré une réticence à dénoncer les faits à la police, notamment parce que les heures d’ouverture des commissariats étaient réduites. Pour répondre à cette situation, la Police Intégrée a élargi en 2020 la liste des infractions pouvant être signalées via Police-On-Web. La platefporme en ligne doit maintenant être promue davantage, notamment grâce au lancement de l'application MyPolice, qui facilite les signalements en ligne.

En ce qui concerne la violence à caractère sexuel, 1,7 % des Belges disent avoir été victimes de faits commis en dehors de la famille au cours des 12 derniers mois, et 0,4 % d’actes de violence sexuelle commis au sein de la famille. Dans ce cadre, les femmes sont plus souvent victimes que les hommes : dans 73 % des cas de violence sexuelle intrafamiliale et dans 83 % des cas en hors du contexte familial, la victime est une femme. Autre constat remarquable : 17,8 % des actes de violence sexuelle intrafamiliale sont signalés par des victimes plus âgées (65 ans et plus). La violence sexuelle reste également souvent sous les radars. Près de 25,4 % des victimes de violence sexuelle intrafamiliale disent avoir porté plainte. Pour les violences sexuelles en dehors du contexte familial, ce chiffre était de 15,7 %.

Le Moniteur de sécurité de 2018 ne s’était pas encore penché spécifiquement sur les violences psychiques et sexuelles. Ce questionnaire ne permet donc pas de se prononcer sur l'évolution de la victimisation et la propension des victimes à porter plainte. Ces dernières années, les autorités ont redoublé d’efforts pour lutter contre les violences sexuelles, notamment en créant plusieurs Centres de prise en charge des victimes de violences sexuelles (CPVS).  

Focus sur la discrimination

Moniteur de Sécurité 2022 - Discrimination

 

Le Moniteur de sécurité 2021 comprenait pour la première fois des questions détaillées en rapport avec la discrimination. Parmi les différentes formes examinées, la discrimination fondée sur l'origine ou la nationalité est la plus fréquente : 3,6 % des répondants déclarent en avoir été victimes. 2,7 % ont été victimes d'une discrimination fondée sur le sexe ou le genre, 1 % d'une discrimination fondée sur l'orientation sexuelle et 3 % d'une autre forme de discrimination.

La réticence à dénoncer les faits est très grande. Au total, 97 % des cas de discrimination fondée sur le genre ou le sexe n'auraient pas été signalés à la police, tout comme 96 % des cas de discrimination fondée sur l'origine ou la nationalité et 94 % des cas de discrimination fondée sur l'orientation sexuelle. Il importe donc que les zones de police créent un environnement sûr pour que les victimes puissent signaler ce type de faits. Le fait que depuis 2020, les délits de haine peuvent être signalés rapidement et facilement via Police-On-Web constitue une avancée sur ce plan.



4.    Prévention, offre de services et évaluation du fonctionnement policier

Une dernière partie du questionnaire concernait la satisfaction des citoyens à l'égard des services de police belges. Les constats qui en ressortent sont intéressants, en particulier pour les services de police de première ligne, c.-à-d. les premiers policiers à entrer en contact avec les citoyens. 

Monituer de Sécurité 2022 - Satisfaction

 

Le degré de satisfaction des citoyens par rapport au dernier contact qu'ils ont eu avec la police dépend beaucoup de la nature de ce contact.  Les interventions policières générant le plus haut degré de satisfaction sont celles qui ont été effectuées dans le cadre d'un acte administratif (86 %), d'objets perdus ou trouvés (80 %) ou d'un accident de la circulation (79 %). 73 % des répondants se sont déclarés satisfaits de leur contact avec la police dans le cadre d'une enquête judiciaire ; le taux de satisfaction est identique (73 %) pour ce qui concerne les demandes d'aide, d'informations ou d'avis. Lorsqu'il s'agit de signaler un délit, 67 % des répondants se disent satisfaits ; pour un contrôle, le taux de satisfaction est de 64 % et, pour une contravention/un avertissement, il est de 50 %. Le taux de satisfaction moyen est de 72 %.

Le Moniteur de sécurité révèle que les citoyens ne sont pas suffisamment informés de certains services offerts par la police. Bien qu'il soit possible depuis plusieurs années de signaler certaines infractions en ligne via Police-On-Web, moins de la moitié (41 %) seulement des personnes interrogées disent avoir entendu parler de ce service. En revanche, 72 % des répondants déclarent vouloir l'utiliser à l'avenir. Par ailleurs, 7 % d'entre eux l'utilisaient déjà. Les services les plus connus sont la prévention des cambriolages (62 %), la surveillance pendant les vacances (62 %) et le marquage des vélos ou des remorques (64 %).

Monituer de Sécurité 2022 - Priorité

 

Lorsqu'on les interroge sur le niveau de priorité des tâches policières (en d'autres termes,  lorsqu'il s'agit de savoir de quoi la police devrait principalement s'occuper selon les Belges), les répondants citent essentiellement les cambriolages dans les habitations et l'alcool/la drogue au volant. Le vol avec menaces ou violences, le trafic de drogue et la violence au sein de la famille complètent le top 5 des priorités. Un constat frappant : bien qu'elle soit très répandue, la cybercriminalité occupe une place beaucoup plus basse dans la liste des priorités de la plupart des personnes interrogées (11e position).



Les rapports complets et tous les chiffres peuvent être consultés sur le site https://www.police.be/statistiques/fr/moniteur-de-securite

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